Mgr Doeme : « Jésus m’est apparu »


Koenigstein, 23.07.2013 Bishop Oliver Dashe Doeme of Maiduguri in Nigeria, during his visit at ACN in Königstein

Le diocèse de Maiduguri a été mis à rude épreuve ces dernières années. Il se situe dans le nord-est du Nigeria, dans la région qui subit le plus la violence du groupe terroriste Boko Haram. Depuis 2009, 100.000 habitants du diocèse ont été obligés de fuir. Plus de 5.000 catholiques ont été tués, de nombreux bâtiments, écoles et hôpitaux de l’Église ont été détruits.

Mgr Dashe Doeme a vécu une expérience impressionnante fin 2014 : alors qu’il priait le Rosaire dans sa chapelle devant le Saint Sacrement, Jésus lui est apparu. Jésus n’a rien dit et lui a proposé une épée. Il l’a prise, et au moment où il l’a eue en main, elle s’est transformée en chapelet. Puis Jésus a dit trois fois : « Boko Haram a disparu. » L’évêque a déclaré à ce sujet : « Il m’est clairement apparu que nous pouvions chasser Boko Haram par le Rosaire ». Tout d’abord, il n’a rien voulu dire de cette expérience à qui que ce soit, mais ensuite il s’y est senti poussé par l’Esprit Saint. Il en a d’abord parlé aux prêtres de son diocèse.

Quelques mois plus tard, la situation s’est effectivement améliorée : au printemps de l’année dernière, une force d’intervention de l’armée nigériane, associée à des troupes tchadiennes et camerounaises, a réussi à reprendre certains des villages nigérians occupés par Boko Haram. Certains réfugiés ont alors pu retourner dans leur patrie.

Il faut maintenant que les gens reconstruisent leur vie. Mgr Doeme les encourage, au cours de messes de réconciliation et de rédemption, à rester fermes dans la foi, malgré les souffrances qu’ils ont vécues. Par ailleurs, il les encourage à suivre l’exemple du Christ et à pardonner aux terroristes. Ils ne doivent pas se laisser égarer par des pensées de vengeance. La vengeance et les représailles conduisent finalement à un cercle vicieux de violence et de guerre. L’évêque est convaincu que la guérison n’est possible que si les fidèles pardonnent pour ce qui s’est passé et regardent vers l’avenir avec beaucoup d’espérance et de confiance. Au cours de la semaine sainte de l’année dernière, Mgr. Dashe Doeme a visité plusieurs paroisses de son diocèse. Il a déclaré : « Le désir de prière et de confession parmi les fidèles était grand ». Dans certaines paroisses, l’évêque et les prêtres qui l’accompagnaient ont passé plus de trois heures à donner le sacrement de réconciliation.

Actuellement, les prêtres sont plus nécessaires que jamais afin de favoriser le processus de guérison et de pardon. Les sacrements et le soutien pastoral sont plus nécessaires que jamais. Mais beaucoup de prêtres ont eux-mêmes subi des choses terribles. Près de la moitié des prêtres du diocèse de Maiduguri ont eux aussi dû fuir face à Boko Haram et n’ont plus rien. C’est pourquoi, en 2015, l’Aide à l’Église en Détresse a transmis 30 000 € d’offrandes de messes (30.000 euros) à ces 69 prêtres.